3 – Textes d’humeur et poésie

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Cher Marat,

Votre visite d’hier a été un vrai choc pour moi, je me suis dit que je devais vous écrire pour vous confirmer que la perspective de me dévouer corps et âme à votre personne me plaît terriblement, et que je ferai tout pour arriver à mes fins. Je me permet de vous faire remarquer que dans l’état actuel des choses, il m’est impossible de sortir de ma chambre, dans la mesure où la maîtresse de maison a eu vent de vos visites tardives. Je suis séquestrée dans cette belle cage en or qui transpire l’ennui. Cette lettre n’est pas un appel au secours, mais plutôt une preuve de ma bonne foi et de l’amour que je vous porte, si je peux vous être utile de quelque manière que ce soit, faites le moi savoir par l’intermédiaire de l’émissaire que je vous envoye. Pour l’heure, je prépare soigneusement mon évasion définitive de cette grande bâtisse, qui avait presque réussi à me façonner à son image et qui dorénavant n’a plus aucun sens pour moi. En tout état de cause, je dois avouer que ce ne sera pas simple car si la maîtresse de maison apprend tout cela, je pense qu’elle nous fera tuer.

Bien à vous. M.A.C

  

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Tout simplement, un monde le tien,
le mien, le nôtre.

Trop friable pour être profané,
dans cette réalité je l’ai rêvé,
mais seulement avec toi,
ma chair, mon sang,
mes racines, ma sève.

L’air de rien, c’est ici,
entre la voûte atmosphérique et la terre andésitique,
qu’un rouge-gorge et son ver complémentaire
sont une source intarissable de chaleur caniculaire.

La première fois, dans une fable, je l’ai trouvée,
cette odeur indicible de phéromones sucrées.
Un peu de doute, beaucoup d’amour
pour te dévorer un peu plus chaque jour.

Ivresse récurrente, à toute heure
bienvenue,
dans notre monde de dialogue intérieur.
Un point, c’est tout.

 

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La mémoire c’est la faculté d’acquérir, de stocker et de reconstituer des informations dans le cerveau. C’est notre stock individuel de souvenirs, notre lieu de mémoire privilégié. La mémoire siège dans le cortex dit associatif des lobes des deux hémisphères cérébraux. L’hippocampe est l’une des structures les mieux connues de toutes celles qui participent au phénomène de mémorisation. Cette structure est impliquée dans la stabilisation des messages selon une relation de type spacio-temporel. Après destruction de l’hippocampe, on peut néanmoins continuer à apprendre et à retenir de nouveaux schémas. Des schémas comme la recette de la tarte Tatin, l’endroit où notre voiture est stationnée, le nom de cette fille que l’on a croisée, la composition atomique de l’eau, l’odeur de l’herbe fraîchement coupée, les prévisions météo de demain, une phrase de Nietzsche, la couleur de sa robe, un composant essentiel du titan, la fin d’un film, la dernière chanson de Diam’s, le PIB du Bénin, une définition : conflit armé opposant plusieurs Etats ou plusieurs peuples dans des combats d’envergure, et dont la finalité, pour chacun des protagonistes, consiste à imposer sa volonté à l’adversaire. Faire acte de mémoire, c’est manifester formellement le fait d’avoir stocké les informations relatives au sujet.

 

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Je ne suis pas d’or, je n’ai jamais prétendu briller.
Y’a qu’en sport où j’arrivais premier.
Je m’étouffe quand j’dors, j’ai l’esprit torturé.
Chaque nuit un peu plus fort, dans ma tête c’est l’Assemblée.
Je hais le roque-fort en société,
Et les gens qui parlent fort au supermarché.
Dans le maïs, le corps tu peux le jeter.
Mais dans l’porc j’te promets on peut tout bouffer.
J’aime la mort, elle se fout du passé.
Et j’la mets dehors quand j’ai besoin d’avancer.
Si t’es pas d’accord, je m’accorderai en ré.
C’est le ténor qui va déguster.
J’aime la vue de ton corps, prêt à se prêter.
D’un commun accord, on va s’adorer.
Une fois encore, la raison m’a échappé.
J’ai vraiment eu tort de m’enflammer.

 

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Le cache-coeur :
Moi j’ai la belle vie, je côtoie la gent féminine toute la journée et c’est plutôt agréable. Mais je ne cache pas le fait de me faire souvent maltraiter par des mains intéressées, qui m’abandonnent à même le sol à côté d’un cache sexe prétentieux. Je les supporte pas, ceux là.

Le cache-misère :
Mon métier, un travail ingrat. Je ne me permettrai pas de me plaindre davantage, car mes clients sont toujours plus à plaindre que moi.

Le cache-nez :
Synonyme de froid, de protection et de mauvaises intentions, au travail c’est pas facile tous les jours. Le syndicat est sur le pied de guerre pour faire valoir nos droits.

Le cache-sexe :
Dans ma branche, je suis un des plus vieux métiers du monde. J’ai été fait de vigne, de soie, de peau, de coton et de matières synthétiques, mais avec la hausse du prix des métaux, le cache-sexe en fer n’est plus à la mode de nos jours.

 

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L’histoire de cette colère ne date pas d’hier, c’est l’histoire d’un cri ravalé avant qu’il n’atteigne les tympans du bipède qui me faisait face. J’étais donc planté là, au bord de la route qui relie Denvers à Topeka longue de plus de huit cents kilomètres (environ 1300 miles) et large comme douze cadavres de vaches adultes. Je portais ma chemise à carreaux préférée et cette imitation Diesel que je n’avais pas lavé depuis des lustres. Tout en fixant du regard cette raclure d’hominidé, je me délectais de la fumée provenant de la combustion de cette putain de clope, qui m’avait tout de même coûté sept minutes de négociation avec cet emmerdeur, dont le nom m’échappe encore à ce jour. A ce moment là, si j’avais pu m’imaginer ce qui allait se passer une fois arrivé à Topeka, je ne serais jamais monté dans ce camion plein de brebis entassées les unes sur les autres, et dont le quart étaient mortes en arrivant, asphyxiées ou écrasées par leurs congénères. J’aurais jeté violemment cette putain de clope et vidé mes poumons en criant sur cet homme de l’autre côté de la route.

 

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L’univers de Sam s’est écroulé après le départ de sa femme. Seul dans l’obscurité humide et froide, Sam hésite à continuer sa route, il reste coincé entre la curiosité dévorante de découvrir ce qu’il y a à l’extérieur et la peur de finir comme sa femme. Il ressasse sans cesse les cinq dernières minutes où sa femme était devant lui, ouvrant le chemin vers l’extérieur. Tout en reluquant l’arrière train de sa dulcinée qui se balançait frénétiquement de gauche à droite, Sam pensait à leur bonheur futur. L’air devenait de plus en plus sec et chaud, quand tout à coup un rayon de lumière parvint à ses petits yeux, un bruit sourd se fit entendre et sa femme fut aspirée à l’extérieur. Le bruit s’éloigna puis l’obscurité revint. Toujours pétrifié par cette vision d’horreur Sam hésita encore à sortir, de plus, le bruit sourd ne cessa de s’amplifier puis de disparaître. Quelques minutes plus tard, sorti de sa torpeur, Sam prit son courage à deux griffes et se mit à creuser de plus belle. Arrivé à la surface le soleil réchauffa les petits poils ras qui recouvraient son corps, ses petits yeux de miro distinguaient à peine la source du bruit, une grande forme floue qui se déplaçait rapidement sur l’herbe. Une odeur déclencha une multitude de connexions neuronales qui lui fit comprendre ce qui était arrivé à sa femme, l’odeur du sang et de l’herbe fraîchement coupée.

 

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Que vous soyez maigre ou gros, petit ou grand, que vous ayez 15 ou 50 ans, cela n’a aucune importance; de toutes les manières, je ferai de vous un arsenal de puissance en vous révélant ces stupéfiants secrets de combat. Pour les découvrir il m’a fallu vingt ans de recherches et j’ai dépensé plus de deux cents mille dollars. Comprenez-le une fois pour toutes : le vainqueur, ce n’est pas celui qui a des muscles, c’est celui qui sait comment il faut faire. Pour la première fois au monde, avec ma passionnante méthode, vous saurez comment un homme faible ou même une femme peut terrasser en un éclair une brute de cent kilos ! En quelques jours, vous pourrez utiliser le Karaté, la Savate, le Judo, la Boxe, les méthodes des polices secrètes et bien d’autres. Tout cela en quinze minutes par jour, chez vous, sans que les autres s’en doutent. Les temps que nous vivons sont dangereux : partout des canailles guettent les faibles. Fini pour vous la peur et les « jambes de coton » si vous m’écrivez aujourd’hui même. C’est gratuit et sans engagement.

 

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Qui a dit qu’il y avait des limites physiques, sociales ou mentales dans l’écriture. J’ouvre ma porte, sors de chez moi et mets un pied devant l’autre. Je suis maintenant narrateur omnipotent de mon histoire, j’ai la connaissance absolue et un pouvoir sans limite me permettant de décider de tout. Je peux changer la face du monde, travailler la matière qui compose ce qui existe ou qui a une réalité, jongler avec les atomes pour créer de nouveaux éléments et de nouvelles matières, ou tout simplement aller à la boulangerie en courant sur les mains par la force de la pensée. En sortant de la boulangerie avec la baguette sous le bras, je me dirige vers le café d’en face, sur la table le journal, à quoi bon le lire, je sais déjà ce que je pourrai mettre dedans : « Le slip le plus cher du monde volé au musée de la ville, retrouvé deux heures plus tard sur une statue de poilu au monument aux morts. Un préjudice pour le musée qui s’élève à plus de huit mille euros. » Je me téléporte sans même prendre la peine de boire mon café, ni de l’avoir commandé. Mon corps se recompose dans les Andes, j’y ai deux amis de longue date, c’est un couple d’ours à lunettes francophone que j’aimerais saluer et à qui je dois rendre un câble USB. Après cela, je rentre à la maison et sors de votre cerveau que j’occupais depuis quelques minutes. C’est toujours un plaisir de s’arrêter un instant dans cet endroit mystérieux, désolé pour la gêne occasionnée.

 

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Le soir étant venu, il arriva avec les douze. Pendant qu’ils étaient à table, qu’ils mangeaient et buvaient le fruit de la vigne, il lâcha son vêtement et dit : prenez, ceci est mon corps. La servante, l’ayant vu déchira ses vêtements à son tour, et dit : vous pouvez me faire du bien quand vous voulez. Après avoir entendu cette femme, ceux qui se trouvaient à table furent dans la joie et promirent de lui donner de l’argent. Elle leur répondit : non, c’est lui que je baiserai ! Quelques-uns exprimèrent entre eux leur indignation, puis tous l’abandonnèrent et prirent la fuite. Ils allèrent ensuite tout les deux dans un lieu appelé Gethsémané, elle le regarda et commença à cracher sur lui, à lui voiler le visage et à le frapper à coups de poing, en lui disant : la chair est faible, que vous en semble ? Il répondit : Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit pour aller dans le vestibule et dit : je ne boirai plus le fruit de la vigne. Dans le monde entier, on racontera en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait.


5 réponses to “3 – Textes d’humeur et poésie”

  1. Le texte Mémoire est bien.
    Le slam est pas mal.
    Le truc avec les cache c’est sympa comme idée.
    J’aime bien le style du texte Colère
    Combat ça me dit quelque chose, ça me rappelle un texte mais je sais plu quoi.
    et Omnipotence c’est mon préféré, j’aime beaucoup.
    bise

  2. textes très intéressants par leur diversité; un petit faible pour le slam et omnipotence mais pour tous une qualité non négligeable. J attends la suite…

  3. DES LETTRES SUBTILEMENT ASSEMBLEES, DES MAUX RACONTES, UN VERITABLE JEU POUR LA PENSEE, ENVIE DE COMMUNIQUER ET HOP EMPORTEE LE 13 JUILLET PASSE

  4. Mouais, pas trop mal…
    J’ai pas tout lu mais il y a des trucs intéressants.
    L’idée d’omnipotence gagnerait à être développée car je pense qu’elle te permettra d’écrire sans te prendre la tête. De plus, c’est un bon moyen de réaliser quelquechose de plus long.
    Topeka… C’est dans quel film ça déjà?
    Continue.

  5. salut
    Je suis très intéressée par ce que vous faites, ce que vous écrivez.
    J’écris moi aussi des choses du genre, et les 5 personnes au monde qui le savent disent que c’est très interessant. Je n’oserai prétendre que mes écrits sont quelque chose, je voudrais seulement savoir si je pourrais vous en adresser quelques uns.

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